Soudure tig : guide complet pour des cordons propres et maîtrisés

Vous souhaitez produire des cordons de soudure TIG propres, réguliers et durables, que ce soit sur de l’inox, de l’acier ou de l’aluminium ? La soudure TIG se distingue par sa précision et sa finition soignée, mais demande une maîtrise des réglages, des gestes et du matériel pour exprimer tout son potentiel. Dans ce guide, vous découvrirez comment fonctionne concrètement ce procédé, comment choisir et régler votre poste, quels consommables utiliser et quelles erreurs éviter pour progresser rapidement. Que vous débutiez ou cherchiez à améliorer vos soudures, vous trouverez ici des repères concrets et des conseils issus de la pratique en atelier.

Comprendre la soudure TIG et ses atouts dans vos projets

soudure tig illustration avantages procédés

Avant de paramétrer votre poste ou de choisir vos baguettes, il est essentiel de bien saisir ce que la soudure TIG peut vous apporter et dans quelles situations elle devient le meilleur choix. Cette section pose les bases du procédé, ses avantages, ses limites et ce qui le distingue des autres techniques comme le MIG MAG ou l’électrode enrobée.

Comment fonctionne concrètement la soudure TIG au quotidien à l’atelier

La soudure TIG, ou Tungsten Inert Gas, repose sur un arc électrique établi entre une électrode en tungstène non fusible et la pièce à souder, le tout sous protection d’un gaz inerte, généralement de l’argon. L’électrode ne fond pas, ce qui signifie que vous contrôlez séparément l’énergie de l’arc et l’apport de métal. Vous pouvez souder avec ou sans baguette d’apport, selon l’épaisseur des pièces et le résultat recherché.

En pratique, cela vous oblige à coordonner plusieurs actions simultanément : maintenir la bonne distance entre la torche et la pièce, ajuster l’angle, avancer régulièrement tout en observant le bain de fusion, et ajouter du métal d’apport avec l’autre main si nécessaire. Cette exigence gestuelle explique la courbe d’apprentissage plus longue que d’autres procédés, mais aussi la qualité de finition obtenue.

Différences clés entre soudure TIG, MIG MAG et électrode enrobée

Chaque procédé de soudage répond à des besoins spécifiques. Le MIG MAG privilégie la vitesse de dépôt et la productivité grâce à un fil fusible dévidé automatiquement. Il convient particulièrement aux assemblages de grandes séries ou aux fortes épaisseurs en atelier industriel. L’électrode enrobée, elle, reste polyvalente, robuste et peu coûteuse, idéale pour les chantiers extérieurs ou les conditions difficiles.

La soudure TIG se distingue par son contrôle très fin du bain de fusion, sa propreté et l’absence de laitier. Vous obtenez des cordons esthétiques, sans éclaboussures, avec une zone affectée thermiquement réduite. En revanche, la soudure TIG est plus lente et demande une préparation minutieuse des bords à assembler. Les défauts de nettoyage, d’alignement ou de réglage se voient immédiatement sur le cordon.

Dans quels cas la soudure TIG devient le choix le plus pertinent

La soudure TIG s’impose dès que la finition prime sur la vitesse. En serrurerie artistique, chaudronnerie fine, ou maintenance aéronautique, l’aspect visuel et la qualité métallurgique des soudures sont des critères essentiels. Les industries agroalimentaires et pharmaceutiques exigent également des cordons propres, exempts de contamination et faciles à nettoyer.

Le TIG excelle aussi sur les matériaux délicats ou spéciaux : acier inoxydable, aluminium, titane, cuivre ou alliages nickel. Sur ces métaux, la finesse du contrôle thermique évite déformations, oxydation excessive et perte de propriétés mécaniques. Dès que vous soudez en faible épaisseur, en position délicate ou sur un matériau sensible, le TIG devient un allié de choix.

Choisir et régler votre poste de soudure TIG pour un résultat fiable

schéma technique réglage soudure tig

Un poste TIG performant mal paramétré produira des cordons médiocres, tandis qu’un matériel correct bien réglé peut suffire à obtenir de belles soudures. Cette section vous guide dans le choix de votre équipement, puis dans les réglages fondamentaux pour stabiliser votre arc et votre bain de fusion.

Comment choisir un poste à souder TIG adapté à vos besoins réels

Le critère de choix principal est le type de matériaux que vous soudez. Pour l’acier et l’inox, un poste TIG DC (courant continu) suffit largement. Si vous travaillez aussi sur l’aluminium, un poste AC DC devient indispensable, car l’alternance de polarité permet de nettoyer la couche d’oxyde tout en assurant la fusion.

Examinez aussi la qualité de l’arc à faible intensité, car beaucoup de travaux TIG se font entre 10 et 80 ampères. Un arc instable à basse intensité complique fortement la soudure de tôles fines. Le facteur de marche, exprimé en pourcentage à un ampérage donné, détermine la durée d’utilisation continue sans surchauffe. Enfin, privilégiez un matériel dont les pièces d’usure sont facilement disponibles, et vérifiez la disponibilité du service après-vente.

Régler intensité, polarité et haute fréquence pour une soudure TIG stable

L’intensité doit être adaptée à l’épaisseur de la pièce et au diamètre du tungstène. Une règle approximative consiste à prévoir environ 40 ampères par millimètre d’épaisseur sur l’acier, mais cela varie selon la vitesse, la position et le type de joint. Trop faible, l’arc ne pénètre pas assez ; trop fort, vous risquez de perforer ou de déformer la pièce.

En TIG DC, on utilise généralement la polarité DCEN (électrode au pôle négatif), qui concentre environ 70 % de la chaleur sur la pièce et assure une bonne pénétration. Le mode AC sert principalement pour l’aluminium, avec une alternance entre nettoyage de l’oxyde et fusion du métal. L’amorçage haute fréquence facilite le démarrage de l’arc sans contact entre le tungstène et la pièce, limitant ainsi la contamination et les inclusions.

Gaz de protection en soudure TIG : quel choix et quels débits viser

L’argon pur reste le gaz de référence en soudure TIG pour l’acier, l’inox et l’aluminium. Il est chimiquement inerte, facile à ioniser et assure une bonne stabilité d’arc. Pour certains alliages ou des applications spécifiques, vous pouvez utiliser des mélanges argon-hélium ou argon-hydrogène, mais cela reste marginal en atelier généraliste.

Le débit de gaz doit protéger efficacement le bain de fusion sans créer de turbulences. En général, comptez entre 6 et 12 litres par minute selon le diamètre de la buse, la position de soudage et l’ampérage. Un débit trop faible entraîne des cordons oxydés, ternes ou poreux. Un débit excessif génère des turbulences qui aspirent l’air ambiant et compromettent la protection.

Matériau Type de courant Gaz recommandé Débit (l/min)
Acier DC (DCEN) Argon pur 6 – 10
Inox DC (DCEN) Argon pur 8 – 12
Aluminium AC Argon pur 10 – 15

Maîtriser les consommables TIG et les bons gestes au poste

Même avec un poste bien réglé, des consommables mal choisis ou une gestuelle approximative compromettent la qualité de vos soudures. Cette section aborde le choix du tungstène, des baguettes d’apport et des accessoires, puis détaille les gestes à adopter pour produire des cordons réguliers et répétables.

Choisir électrodes tungstène, baguettes TIG et accessoires sans se tromper

Le tungstène se décline en plusieurs types, identifiés par un code couleur. Le tungstène thorié (code rouge) a longtemps été populaire pour sa durabilité, mais il est radioactif et progressivement remplacé par des versions dopées au cérium (gris), lanthane (or) ou zirconium (blanc), plus stables et plus sûres. Le diamètre se choisit en fonction de l’intensité : 1,6 mm pour 10 à 80 A, 2,4 mm pour 60 à 150 A, par exemple.

Les baguettes d’apport doivent être compatibles avec le métal de base. Pour l’acier, une baguette ER70S-6 convient à la plupart des usages. Sur inox, privilégiez une nuance adaptée, comme ER308L pour les inox austénitiques courants. Sur aluminium, choisissez ER4043 ou ER5356 selon les exigences mécaniques. Une baguette mal choisie peut entraîner fissures, fragilité ou problèmes de corrosion.

Enfin, la buse en céramique protège le bain et le tungstène en canalisant le gaz. Son diamètre influence la protection et le débit nécessaire. Une pince adaptée, des tuyaux en bon état et un régulateur précis complètent l’équipement pour travailler dans de bonnes conditions.

Position, angle et vitesse de déplacement pour un cordon TIG régulier

L’angle de la torche TIG se situe généralement autour de 70 à 80 degrés par rapport à la pièce, avec une légère inclinaison dans le sens d’avance. Trop inclinée, la torche risque de souffler le bain ou de réduire la protection gazeuse. Trop verticale, elle complique l’observation du bain et l’ajout de métal d’apport.

La distance entre le tungstène et la pièce doit rester constante, entre 2 et 4 mm en moyenne. Une distance excessive allonge l’arc, le déstabilise et réduit la concentration d’énergie. Une distance trop faible augmente le risque de contamination du tungstène par contact ou projection.

La vitesse de déplacement doit être régulière, guidée par l’observation visuelle du bain de fusion. Un bain bien formé, brillant et légèrement convexe indique un bon équilibre entre apport de chaleur et vitesse d’avance. Une vitesse irrégulière produit des cordons en « ventre de poisson », alternant zones larges et étroites, signe d’un manque de maîtrise gestuelle.

Comment éviter les défauts fréquents en soudure TIG sur acier et inox

Les défauts les plus courants incluent la porosité, le manque de pénétration, la surchauffe et la coloration excessive des cordons, particulièrement sur inox. La porosité provient souvent d’une mauvaise protection gazeuse, d’un débit insuffisant, de courants d’air ou d’une contamination de surface (huile, peinture, calamine).

Un manque de pénétration résulte d’une intensité trop faible, d’une vitesse trop rapide ou d’un mauvais angle de torche. À l’inverse, une surchauffe se manifeste par des perforations, des déformations ou une zone affectée thermiquement trop large. Sur inox, un cordon trop bleu ou noir indique une oxydation due à un manque de gaz, une vitesse trop lente ou une température excessive. Cette coloration peut affecter la résistance à la corrosion.

Une préparation rigoureuse des pièces limite déjà une grande partie des défauts : dégraissage à l’acétone, brossage avec une brosse inox dédiée, chanfrein si nécessaire. Sur inox, l’utilisation d’une protection envers (gaz de protection au dos du cordon) améliore considérablement la qualité et la durabilité de la soudure.

Progresser en soudure TIG : pratiques, sécurité et erreurs à éviter

Réussir vos soudures TIG ne dépend pas uniquement de la technique pure. L’organisation de votre poste, le respect des consignes de sécurité et la manière dont vous vous entraînez jouent un rôle déterminant dans votre progression. Cette dernière section vous donne des repères concrets pour vous améliorer efficacement et travailler en toute sécurité.

Comment s’entraîner efficacement à la soudure TIG quand on débute

Commencez par des cordons simples à plat, sur de la tôle d’acier de 2 à 3 mm, sans métal d’apport. Concentrez-vous sur la stabilité de l’arc, la régularité de la vitesse et l’observation du bain. Une fois ces bases acquises, ajoutez progressivement le métal d’apport, en gardant les mêmes paramètres pour analyser précisément vos défauts.

Ensuite, variez les positions de soudage (verticale montante, horizontale, plafond) et les épaisseurs. Gardez une trace de vos réglages, notez vos observations et photographiez vos cordons pour suivre votre évolution. La répétition dans des conditions similaires vous permet d’affiner votre gestuelle et d’identifier ce qui doit être corrigé.

Ne cherchez pas à souder des pièces complexes ou de grande dimension tant que vous ne maîtrisez pas les cordons simples. La soudure TIG demande de la patience et de la méthode, mais chaque session bien menée améliore significativement vos compétences.

Sécurité en soudure TIG : protections, ventilation et organisation du poste

La soudure TIG produit moins de fumées visibles que le MIG ou l’électrode enrobée, mais elle émet des rayonnements UV intenses et peut dégager des vapeurs toxiques selon les matériaux soudés. Un casque de soudage avec un verre filtrant adapté (teinte 9 à 13 selon l’intensité) protège vos yeux et votre peau. Les casques à teinte variable offrent plus de confort et de précision.

Portez des gants de soudage TIG, généralement en cuir fin ou en fibre synthétique, qui offrent à la fois dextérité et protection. Des vêtements couvrants en coton ou en matériaux résistants aux étincelles protègent votre peau des brûlures.

Assurez une ventilation locale efficace, surtout si vous soudez de l’inox, de l’aluminium ou des métaux revêtus. Les fumées peuvent contenir du chrome hexavalent, de l’ozone ou d’autres composés nocifs. Un extracteur de fumée ou un système d’aspiration positionné près du bain améliore votre confort et préserve votre santé sur le long terme.

Organisez votre poste pour éviter les risques d’incendie : éloignez les produits inflammables, rangez les câbles et tuyaux de gaz, et travaillez sur une surface stable et dégagée. Un poste bien rangé réduit les accidents et améliore votre efficacité.

Erreurs typiques en soudure TIG et méthodes simples pour les corriger

Beaucoup de débutants restent trop longtemps au même endroit par peur d’avancer, créant ainsi des surchauffes, des perforations ou des déformations. À l’inverse, certains soudeurs avancent trop vite par crainte de « coller » ou de brûler, produisant des cordons étroits et mal pénétrés. L’équilibre se trouve dans l’observation constante du bain et dans la régularité du geste.

Un autre piège fréquent consiste à négliger l’affûtage du tungstène. Un tungstène mal affûté, contaminé ou émoussé déstabilise l’arc, réduit la précision et augmente les risques de projection. Prenez l’habitude d’affûter régulièrement votre tungstène avec une meule dédiée, en respectant un angle de pointe entre 20 et 30 degrés pour le DC.

Enfin, beaucoup de soudeurs sous-estiment l’importance de la préparation des pièces. Une surface sale, oxydée ou mal alignée compromet la qualité finale, même avec les meilleurs réglages. Investir quelques minutes dans le nettoyage, le dégraissage et le positionnement vous fait gagner un temps précieux et améliore considérablement vos résultats.

S’habituer à analyser visuellement ses cordons TIG, à les comparer et à noter ses réglages est une manière simple et efficace de progresser de façon structurée. Chaque soudure devient une opportunité d’apprentissage, et cette discipline vous permettra de maîtriser rapidement ce procédé exigeant mais gratifiant.

Solène Trévières

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